Éléments de correction

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1. La dénomination officielle des bassines ou méga-bassines est "retenues de substitution". Il s'agit d'immenses piscines de béton creusées au milieu des champs et dont le fond est plastifié. Leur objectif est de stocker de l'eau prélevée, la plupart du temps dans les nappes phréatiques, généralement entre novembre et mars, lorsque l'eau est disponible. Cette eau est ensuite utilisée pour l'irrigation agricole au printemps et en été, permettant ainsi de pallier les périodes de sécheresse. L’eau est pompée dans les nappes phréatiques (de surface et/ou en profondeur), normalement en captant les surplus d’eau.

Cet aménagement sert par exemple à irriguer les cultures de maïs, une plante très demandeuse en eau. Le projet de Sainte-Soline bénéficierait à une dizaine d'agriculteurs possédant de grandes exploitations. Certains agriculteurs considèrent ces réserves comme une "assurance-vie" pour pouvoir continuer à irriguer leurs cultures et maintenir leur activité face au manque d'eau estival croissant. L'eau stockée pourrait profiter à des éleveurs de Sainte-Soline dont le travail et les produits contribuent au rayonnement local comme pour le beurre Echiré.

2. Les principaux acteurs favorables à ces aménagements sont les agriculteurs qui en bénéficient pour l'irrigation de leurs champs. Les municipalités, comme le maire de Sainte-Soline, soutiennent ces projets en délivrant des permis de construire afin d’améliorer les rendements agricoles. Des structures comme la Coopérative de l'eau des Deux-Sèvres (Coop de l'eau 79), une coopérative privée fonctionnant comme une entreprise, planifient et financent ces projets.

Certains agriculteurs soutiennent ces retenues car elles leur permettent de faire face aux sécheresses récurrentes et au manque d'eau en été. Pour eux, cela garantit la possibilité d'irriguer et ainsi d'assurer leurs rendements agricoles. Ils y voient un moyen de continuer à vivre et travailler dans un contexte de stress hydrique estival malgré les surplus hivernaux

3. L'opposition aux méga-bassines est très forte. Elle inclut des associations comme Bassines non merci (BNM) et le Soulèvement de la Terre. La Confédération paysanne s'est aussi prononcée contre. Des scientifiques ont également exprimé leur opposition. Le maire de Melle et des milliers de manifestants de diverses origines font également partie des opposants.

Les raisons de leur opposition sont multiples.

  • Ils dénoncent un "accaparement des ressources en eau" par un groupe restreint d'agriculteurs. Le projet bénéficie en outre de financements publics.
  • Ils considèrent les méga-bassines comme une "mal-adaptation" ou une "fausse solution" face au réchauffement climatique. Selon eux, au lieu de transformer les pratiques agricoles pour économiser l'eau qui va se raréfier, ces retenues visent à capter de l'eau pour maintenir un modèle existant.
  • Ils soulignent la perte d'eau par évaporation du fait du stockage en surface sous le soleil, contrairement à l'eau qui reste dans les nappes phréatiques.
  • L'eau stagnante dans les bassines peut perdre en qualité, avec le développement d'algues, de bactéries et de microorganismes.
  • Ils s'inquiètent du fait que les prélèvements dans les nappes phréatiques pourraient augmenter la durée des sécheresses, car ils pourraient dépasser la capacité de recharge des nappes, surtout en cas de sécheresses pluriannuelles.
  • La Confédération paysanne dénonce la spéculation sur les droits d'eau et estime que la priorité n'est pas donnée aux cultures (comme le maraîchage et l'arboriculture) qui dépendent absolument de l'eau, au profit des céréaliers.

4. Les enjeux environnementaux autour des méga-bassines sont directement liés au réchauffement climatique et à ses conséquences, notamment l'augmentation des sécheresses et la raréfaction de l'eau douce disponible pour l'agriculture.

D’autres enjeux sont également importants, comme l’impact sur les nappes phréatiques, la perte d’eau par évaporation et donc la question de l’efficacité du système, la qualité de l’eau (développement d’algues et de bactéries).

Enfin, il s’agit de la question de l’adaptation au changement climatique. Les opposants aux projets prônent la transformation des pratiques agricoles pour économiser l'eau plutôt qu'à la création de retenues qui ne font qu'adapter le milieu aux pratiques actuelles. Des solutions alternatives jugées plus respectueuses de l'environnement sont proposées, comme la plantation de haies (qui freinent l'écoulement et fixent l'eau dans les sols), le reboisement, et l'amélioration des techniques d'irrigation pour réduire la consommation d'eau.

Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.fr
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